Pourquoi j’ai démissionné de mon Poste de Professeur des Écoles

Voilà c’est fait. J’ai démissionné. 

Tu as dû t’en douter à maintes reprises, j’ai fait beaucoup d’allusions à ce nouvel envol durant tout l’été. J’attendais juste que ce soit officiel pour pouvoir l’annoncer.

Aujourd’hui j’ai reçu ma lettre. C’est confirmé.

Cela faisait 10 ans que j’étais professeur des écoles et même si j’avais encore énormément de choses à apprendre dans ce métier, je crois en avoir touché les limites.
Plusieurs raisons m’ont poussé à quitter ce métier. Ce n’est pas forcément le métier qui m’a donné envie de partir mais plutôt l’environnement lié au métier.
La principale cause est le manque de bon sens et l’hypocrisie du système. Contrairement au portrait glorieux de l’école républicaine dont le fonctionnement est illustré par des textes officiels qui ne sont qu’une façade bien lustrée par des termes élitistes où le sens échappe un peu à tous, la réalité de l’école publique est bien plus éloignée de l’image que j’ai pu m’en faire. 
L’enfant, le futur citoyen est loin d’être au coeur des préoccupations et ce qui importe ce n’est pas vraiment son épanouissement. 
Ce qui compte, c’est son aptitude à adopter un code de conduite propre à celui de la masse. Ce qui compte c’est être assimilé, ne pas déborder de la moyenne (ni trop en dessous, ni trop au dessus) quelques soient les singularités de chaque individu. 
Là où la France voit notre Système Educatif comme un douloureux coût à supporter, voire à réduire… Certains de nos voisins nordiques y voient l’avenir d’un pays dans lequel il faut investir à tout prix.
Tu connais le clip « The Wall » des Pink Floyd? C’est ça! 
Alors les dirigeants, ceux qui tiennent la barre des institutions, ceux qui n’ont jamais connu la réalité du terrain, ceux qui ont toujours vécu dans une bulle et qui ne se sont jamais mélangés; ces mêmes personnes dictent comment devrait fonctionner l’école publique. 
Ces grands seigneurs préfèrent se tirer la nouille sur des termes bien intellos, des concepts tirés par les cheveux, tantôt des pseudo retours aux fondamentaux tantôt un pseudo intérêt à l’innovation en passant par la révolution numérique histoire de jeter de la poudre aux yeux. Mais y’a rien qui suit derrière. 
On se fout du monde en beauté. A l’heure d’aujourd’hui, en 2018, certaines mairies décident de ne pas installer internet dans les écoles. Normal. 
Là où l’égalité des chances devraient avoir lieu, je me suis rendu compte au fil des postes occupés que ce n’est pas du tout vrai. 
Un mensonge à peine caché. J’ai enseigné dans des quartiers en périphérie de Lille, où la veille de la rentrée je n’avais ni tableau, ni mobilier, ni fournitures dans ma classe. Quant aux manuels scolaires, sous couvert d’innovation pédagogique, nous pouvions faire sans. 
Ce sont des lieux où notre chère Martine ne fera jamais sa rentrée médiatique. Les écoles ornées avec goût et fréquentées par des tignasses blondes nommées « Lancelot », « Gabin », « Oscar » ou encore « Myrtille » auront un effet bien plus rayonnant sur l’institution lors de son apparition dans les médias. 
Là où l’école avait son rôle d’ascenseur social, elle ne fait finalement que reproduire les schémas sociaux déjà existants. C’est très étrange d’ailleurs car je vis dans un pays où les valeurs humanistes sont soient disant fortement ancrées.
Depuis toujours, j’ai entendu les politiques dire que la culture devait être au premier plan et l’Homme au coeur des débats de la société. On se dit qu’il pourrait y avoir une sensibilité particulière sur les problèmes d’éducation. 
Mais non. Là où on pourrait saisir la chance de profiter d’une richesse culturelle qui fait de notre société une mosaïque unique au monde, on la sectorise, on la compartimente. Bref, on ne fait que stigmatiser davantage des expressions de vie singulières en les percevant sous l’angle de la différence.
Et après on parle de problèmes d’intégration… Mais dès le plus jeune âge, ceux qu’on appelle « les personnes différentes » sont considérés comme « des autres ».
Le plus grand risque que l’on court, c’est peut être la consanguinité sociale, culturelle et intellectuelle… J’avoue, j’ai toujours du mal à comprendre pourquoi nous sommes toujours tant en retard sur ces sujets là.
Les jeunes ne sont pas cons. Ils le sentent bien. On leur demande de s’assimiler à un système qui ne cherche même pas à écouter qui ils sont. C’est plutôt le contraire, on demande aux jeunes non pas d’épanouir leur propre personnalité mais plutôt d’incarner des rôles qui ne leur correspondent pas. 
Et même par la force, c’est à dire par la violence morale des institutions, ça ne marchera jamais! Mais ça c’est comme l’écologie… On sait qu’il faudrait fonctionner autrement mais on continue pareil, on va droit dans le mur!
Je suis un Homme de projet, une personne qui aime faire bouger les choses et j’ai rapidement compris que je ne serai jamais pris au sérieux et que je ne pourrai pas avoir l’impact désiré en exerçant ce métier dans un tel contexte. 
Alors oui je démissionne mais je ne capitule pas. Je garde l’intime conviction de pouvoir aider des personnes à réaliser leurs projets et à s’émanciper. C’est le sens étymologique même de l’éducation. Educare. Guider vers l’extérieur. Rendre autonome. Voilà ce que je propose aux personnes qui ont envie de me suivre. Je veux continuer à travailler dans la relation à l’autre pour vous aider à vous épanouir à travers vos projets entrepreneuriaux. 
Je vois ce nouveau départ entrepreneurial comme une suite logique finalement. Je ne vais plus travailler avec des enfants mais avec des adultes qui ont décidé de garder leur âme d’enfant. J’ai envie de travailler avec des adultes qui rêvent encore et qui ont suffisamment d’enthousiasme et de détermination pour comprendre que tout est possible.
J’ai fait un long travail sur moi pour enfin réussir à m’émanciper et à prendre confiance. Je n’ai jamais eu plus de facilités ou de compétences que quelqu’un d’autres. J’ai simplement toujours refusé qu’on m’empêche d’aller au bout de mes projets. 
Je suis toujours allé au bout de mes convictions, chose impossible dans cette institution. Alors je la quitte.
J’ai un grand respect pour tous les enseignants qui font cette profession non pas pour être fonctionnaire mais vraiment par vocation. Ça demande une abnégation telle qu’il faut souvent s’oublier pour accomplir sa mission. 
Je ne partage pas ou plutôt je ne partage plus ce sens de la dévotion. 
J’ai compris que pour être utile pour les autres je devais être en accord avec moi même. Alors j’ai décidé de prendre les rênes de ma vie et d’arrêter de me mentir et de me sentir frustré. 
Je ne pouvais plus me plaindre une minute de plus. J’en ai eu marre de me voir comme une victime. Je savais que ça n’allait rien arranger.
J’ai donc préparé le terrain en commençant à organiser des networking sur Lille.  
Je savais qu’en organisant des évènements avec des Experts Inspirants dans ma ville, j’allais aider des tas d’entrepreneurs. Ça marche plutôt bien et je compte continuer ainsi.
Mais je vais aller plus loin. Je vais aller mensuellement dans plusieurs villes :
– Lille 👉 http://bit.ly/2MgI6Ke
– Toulouse 👉http://bit.ly/2OxnSIR
– Barcelone 👉 http://bit.ly/2nwiwlM 
– Montpellier 👉 http://bit.ly/2w7KV5o
– Marseille. 👉 http://bit.ly/ntwmars
– Lyon 👉 http://bit.ly/ntwlyon
Et prochainement je vais accompagner des personnes déterminées à s’accomplir à travers leurs projets. 
Je vous parlerai de tout ça prochainement. 
Je te souhaite une bonne journée.